À Wuhan en Chine, la ruée vers les urnes funéraires

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31 03 20 – À Wuhan en Chine, la ruée vers les urnes funéraires reflète-t-elle le nombre réel de morts du coronavirus ? Tous les medias en parlent… Je tente un résumé

À Wuhan en Chine, la ruée vers les urnes funéraires

L’enquête d’un media chinois, basé à Pékin, sur le fonctionnement des crématoriums, remet en cause le bilan de l’épidémie de Covid-19 dans la capitale du Hubei. Il révèle que plus de 6500 urnes funéraires ont été livrées ces dernières semaines. À Wuhan, là où tout a commencé, des milliers de personnes sont venues chercher les cendres de leurs proches, alors que le bilan officiel fait état de 2538 décès sur 50 000 personnes contaminées.

Depuis le début de la pandémie de coronavirus dans le monde, les chiffres officiels délivrés par les Autorités chinoises au lundi 30 mars 2020 sont de 81470 contaminations, 3304 morts et 75 448 guérisons.

La Fête des morts est célébrée en Chine le 5 avril

Les habitants de Wuhan recommencent à sortir dans les rues avec la levée progressive du confinement. Alors que la Fête des morts est célébrée en Chine le 5 avril, les proches de défunts se pressent pour récupérer leurs cendres avant cette date, car ils n’ont pas été autorisés à se rendre aux crématoriums durant leur quarantaine. « Il n’est donc pas forcément anormal qu’il y ait des milliers d’urnes à récupérer. Mais pas des dizaines de milliers », écrit le quotidien Le Monde.

urne-chine-lemaire-hebdo-vin3500 urnes sont réunies dans la même pièce

La ruée vers les crématoriums

Pendant leur confinement, des riverains de Wuhan ont constaté que les crématoriums fonctionnaient 24 heures sur 24. Aujourd’hui, l’attente peut durer six heures pour récupérer les urnes par manque de personnel pour faire face à cet afflux soudain. Ces queues interminables, cette ruée vers les crématoriums entretiennent les doutes sur la sincérité du bilan officiel du Covid-19 dans cette ville de 11 millions d’habitants, et plus généralement dans toute la Chine. Des photos des files d’attente ont été censurées par Pékin.  

urne-chine-Wuhan-queue-lemaire-hebdo-vinPostée sur Weibo : la file d’attente à Hankou, quartier de Wuhan, devant le funérarium

Des doutes sérieux existent sur les chiffres chinois du coronavirus à Wuhan…

… ce qui fausse la perception qu’ont pu avoir de l’épidémie les pays étrangers. La transparence est in-dis-pen-sa-ble », dit le journaliste Pierre Haski spécialiste de la Chine, sur France Inter.
On sait que les autorités locales ont initialement caché l’existence même de l’épidémie ; mais ont-elles, pour autant, été transparentes après les premières mesures de confinement du 23 janvier ?
Cela n’enlève rien au succès ultérieur de la maîtrise de l’épidémie par la Chine, et il ne s’agit pas seulement d’une affaire de véracité historique : ça conditionne le niveau d’informations et d’alerte dont disposaient les autres pays avant que l’épidémie ne sorte de Chine ; et ça joue encore aujourd’hui sur l’analyse des risques à venir. Certaines évaluations font état de près de vingt fois plus de victimes.
Les interrogations sur les chiffres chinois – 3300 morts pour toute la Chine, dont un peu plus de 2500 pour la seule ville de Wuhan – ont commencé lorsque l’Italie, puis l’Espagne, ont vu leur nombre de victimes s’envoler et dépasser celui de la Chine. Le Royaume uni, lui, évoque le risque de 20 000 morts, les États-Unis dix fois plus. Or Wuhan compte onze millions d’habitants, capitale d’une province qui, avec 60 millions d’habitants, a la taille des principaux États européens. L’épidémie y a été féroce, on se souvient de scènes d’hôpitaux dépassés, de soignants désemparés, et quelque 12 000 soignants ont dû être envoyés en renfort du reste de la Chine. Il y a donc un mystère à constater une telle différence dans le bilan entre Wuhan et les autres foyers. Cela a moins d’importance aujourd’hui, mais ça a pu en avoir quand il s’est agi de savoir comment interpréter l’épidémie venue de Chine.
Ce mystère des urnes ne constitue pas une preuve, mais sème le trouble. Surtout sur la manière de compter les victimes. Les autorités de Wuhan ont changé six fois leur méthode de comptage et il y a de forts doutes sur le fait que des défunts porteurs d’autres pathologies n’aient pas été comptés comme coronavirus. C’est ce qu’avait révélé la docteur Ai Fen, médecin qui a fait partie du groupe des lanceurs d’alerte réduits au silence : elle a donné une interview explosive à un magazine et depuis, elle a ‘’disparu’’ :  Lire l’article sur Ai Fen https://www.midilibre.fr/amp/2020/04/07/mysterieuse-disparition-du-docteur-ai-fen-celle-qui-a-revele-le-coronavirus,8836353.php?fbclid=IwAR2IaduzEJWBowXbvxZeL7bPgEZ9GV-kgHM7v2_PZWX2TCZAQQZi-HhPQnQ
Alors que le pouvoir chinois s’appuie sur son succès pour vanter les mérites de son système politique, une plus grande transparence est indispensable. »

Lu Shaye, l’ambassadeur de Chine en France

Il assure que le nombre de morts du coronavirus en Chine n’a pas été sous-estimé, disait-il sur BFMTV ce mardi 31 mars : « D’après les statistiques de la municipalité de Wuhan, on a compté 51 200 décès pendant toute l’année 2019, donc à peu près 4000 par mois. Et comme en hiver il fait plus froid, il y a plus de décès que pendant les autres mois, peut-être 5000 décès par mois. Ce sont des décès normaux, en dehors de l’épidémie. Du 23 janvier au 23 mars 2020, mis à part les décès causés par l’épidémie, il y aurait à peu près 10 000 décès causés par d’autres raisons. »

urne-chine-Shanxi-lemaire-hebdo-vinLes urnes en granit noir de la province de Shanxi

Ai Weiwei

Il est né le 28 août 1957 à Pékin. Cet artiste majeur de la scène artistique indépendante chinoise est connu internationalement pour son art qui se veut à la fois provocateur et politique. Il est la figure de l’opposition au pouvoir et l’emblème de la liberté d’expression en Chine. En 2008, son installation sur la façade de la Maison de l’Art de Munich, de 9000 sacs d’écoliers se souvenait des enfants écrasés dans leurs écoles chinoises mal construites pour cause de corruption. Il a pu quitter la Chine le 22 juillet 2015 pour Berlin.

ai-weiwei-1995-laisse-tomber-urne-dynastie-han-lemaire-hebdo-vinLaisser tomber par terre une urne de la dynastie Han, en 1995. Ai Weiwei se libère de son passé qui pourrait être une entrave à sa créativité et à sa farouche indépendance

ai-weiwei-vase-coca-cola-lemaire-hebdo-vin-chineVase de la dynastie Han avec un logo Coca Cola, en 1994. Pour Ai Weiwei c’est le mépris des conventions et des valeurs données arbitrairement aux choses. L’urne millénaire devient un banal objet de consommation, américanisé, vidé de sa substantifique moelle

le Vin, le Rouge, la Chine

Lire le Vin, le Rouge, la Chine : les 170 vignobles français achetés par les Chinois sont décrits, dont 158 Châteaux bordelais. Pourquoi ces vignobles sont-ils en vente ? Pourquoi les Chinois les achètent-ils ? 250 pages et 350 photos de Laurence Lemaire, préfacées par Alain Juppé et Alain Rousset. Mise à jour quotidienne de la version numérique 8€, et tous les 6 mois pour la version papier 20€, en vente en librairie et sur le site www.levinlerougelachine.com

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