La Chine dans le Berry, mais pourquoi ?

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16 05 16 – Depuis fin 2015, un fonds d’investissement chinois achète à prix d’or des terres agricoles à des paysans endettés du Berry.

La Chine dans le Berry, mais pourquoi ?

Le groupe Hongyang

Il ne délivre pas d’informations sur ses intentions. On sait que ses capitaux viennent de Hong-Kong et que la structure qui gère les fonds siège à Pékin. Pourtant, cette société chinoise a acheté 1 700 hectares de terres agricoles dans trois communes du Berry : Clion, Châtillon et Vendoeuvres et va en acheter d’autres.

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Pour acquérir ces terres, le groupe chinois a utilisé une méthode parfaitement légale. «Les investisseurs sont allés voir les exploitants qui tiennent une structure individuelle, leur ont demandé de se mettre en société agricole avant de racheter 98% des parts sociales», détaille Hervé Coupeau du Figaro. Cette opération supprime toute obligation de droit de regard de La Safer, société pour l’aménagement foncier rural. La Safer dispose d’un droit de préemption sur toutes les transactions agricoles, mais à condition que la vente concerne 100 % des parts, ce qui n’est pas le cas du groupe Hongyang. Si la cession des parts de société agricole n’atteint pas les 100%, les actionnaires ne sont pas obligés de se manifester.

Le rachat des terres berrichonnes s’est opéré à un prix bien supérieur à celui du marché : 12 000€ l’hectare contre environ 4000€ en temps normal. Si cette surenchère est une aubaine pour les anciens qui partent à la retraite, c’est aussi un cauchemar pour les jeunes qui veulent s’installer. Cette surévaluation menace «la compétitivité de l’agriculture française», explique au Figaro Emmanuel Hyest, président de la Fédération Nationale des Safer. «L’autonomie alimentaire d’un pays est très importante. Or, si les terres sont détenus par des capitaux étrangers, c’est toute la production qui risque d’être exportée». La Fédération nationale des Safer devrait prochainement rédiger un rapport pour alerter le ministre de l’Agriculture sur ce phénomène d’achats fonciers.

Chacun s’interroge sur les motivations de ces investisseurs car aucune demande d’autorisation d’exploitation n’a été formulée auprès de la Chambre d’agriculture. Des salariés agricoles devraient y travailler pour une production destinée à l’exportation, sous la condition de l’obtention d’une autorisation d’exploitation délivrée par la préfecture.
Photo © GettyImages / Cyrille Gibot

le Vin, le Rouge, la Chine

Lire le Vin, le Rouge, la Chine sur les investissements des Chinois dans les vignobles français : les 134 domaines sont décrits. 248 pages et 352 photos de Laurence Lemaire, préfacées par Alain Juppé et Alain Rousset. Version papier et sa numérique 8€ sur www.levinlerougelachine.com

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