Le cimetière chinois de La Somme à Noyelles-sur-Mer

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Cimetiere-chinois-Noyelles-02-lemaire-hebdo-vin-chine01 08 17 – La commune de Noyelles-sur-Mer dans La Somme abrite le plus grand cimetière chinois en territoire français. Le site est géré par la Commission du Commonwealth pour les tombes de guerre (CWGC). Plus de 800 ouvriers du Chinese Labour Corps y reposent ; ils étaient venus travailler en Europe pendant la Première Guerre mondiale pour le compte de l’armée britannique

Le cimetière chinois de La Somme à Noyelles-sur-Mer

Pendant la Première Guerre mondiale, 140 000 Chinois, originaires de la province de Shandong sont venus en Europe à partir de 1916 pour remplacer la main d’œuvre partie au front : 40 000 côté français ont été envoyés un peu partout dans l’Hexagone. 100 000 côté britannique sont restés non loin du front, au camp militaire britannique de Noyelles-sur-Mer avant de partir pour leur lieu d’affectation finale. Vêtus de coton matelassé, bleu de chauffe, jambes ficelées dans des bandelettes entrelacées, courte veste, petit bonnet rond avec cache oreilles de fourrure, les arrivants avaient piètre mine.
La discipline militaire anglaise était très stricte et ils pouvaient être victimes de châtiments corporels. Le Chinese Labour Corps n’avaient pas le droit de se mélanger à la population locale ; ils étaient encadrés par des soldats munis de gourdins, à tel point que les habitants pensaient que les Chinois étaient des prisonniers, explique un panneau à l’extérieur du cimetière. La mortalité au sein du Chinese Labour Corps était élevée. « En raison surtout de l’épidémie de grippe espagnole de 1918-1919, mais aussi des raids aériens, des attaques de longue portée et de nombreux accidents liés à la manipulation d’obus et d’explosifs», explique le CWGC.

Le cimetière chinois est installé au milieu des champs, à quelques centaines de mètres de Noyelles. A l’entrée, une porte en pierre rappelle celles de monuments chinois anciens. Sur le gazon impeccablement coupé, agrémenté de pins et de cèdres, 842 tombes de travailleurs chinois sont signalées de stèle blanche. Sur chacune figure le numéro de matricule du défunt, rarement son nom ; une phrase type en idéogrammes chinois, traduite en anglais, l’honore : Faithful unto death (Fidèle jusque dans la mort), Though dead he still liveth (Même mort, il reste vivant)…
«La politique du Commonwealth en la matière est d’enterrer les personnes à l’endroit où elles sont décédées. On veille à ce que chacun soit enterré de la même façon, quel que soit son grade, son origine, sa confession, explique Sophie Fayet, représentante française du CWGC. Comme les autres cimetières militaires du Commonwealth, celui de Noyelles-sur-Mer a été conçu pour rappeler un jardin anglais typique. Il doit être beau pour inspirer la sérénité et le respect. Pour les Anglo-Saxons, c’est une manière d’exprimer leur patriotisme ».

Cimetiere-chinois-Noyelles-01-lemaire-hebdo-vin-chinePreuves de la violence des combats dans lesquels ont été engagés les militaires du Commonwealth en territoire français, le CWGC conserve en France quelque 3000 sites, lieux de sépulture communaux. Leur entretien est assuré par 400 employés : jardiniers, tailleurs de pierre, graveurs, maçons… Le beau et paisible cimetière de Noyelles-sur-Mer rend hommage à ces travailleurs oubliés. Depuis 2000, une centaine de représentants de la diaspora chinoise viennent se recueillir en avril sur les tombes pour y célébrer la fête de Qingming, celle des morts qui annonce aussi l’avènement du printemps.

Cimetiere-chinois-Noyelles-03-lemaire-hebdo-vin-chineVue générale août 2013 © AFP Philippe Huguen
Tombe © FTV Laurent Ribadeau Dumas
Hommage rendu le 5 avril 2003 © AFP Philippe Huguen

le Vin, le Rouge, la Chine

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