Le Père Pinard, le vin de la Première Guerre mondiale

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11 11 20 – La France célèbre l’armistice du 11 novembre 1918 et salue la mémoire de ses valeureux poilus. Elle rend aussi hommage au Père Pinard, ce vin qui améliorait leur sort et qui a peut-être provoqué la victoire

Le Père Pinard ou le vin des poilus pour gagner la guerre

Le Pinard a été créé en 1886 par le 13ème régiment d’artillerie du fort de Vincennes : des vins plus ou moins falsifiés, parfois sans jus de raisin en ces temps de phylloxera, étaient produits en coupant du pineaux des Charentes, du pinot du Nord de la Bourgogne, du Beaujolais, du Languedoc et du vin d’Algérie en surproduction depuis une dizaine d’années.

Pendant la Grande Guerre, le Père Pinard ou le vin des poilus était le meilleur allié des soldats français. Sa production et sa fourniture jusque dans les tranchées ont fait l’objet d’une organisation colossale. 4000 wagons foudres acheminaient vers le front des dizaines de millions d’hectolitres de vin. Les soldats auront parfois faim dans les tranchées mais ils ne manqueront jamais de pinard.
En 1914, le Midi viticole a offert 200.000 hectolitres en signe de solidarité nationale. En Beaujolais, le Pisse-Dru a fait le bonheur des poilus. Mais très vite, le vignoble français ne suffit plus et il fallut acheter des vins en Espagne, en Grèce et même au Chili et en Argentine.

pinard-stock-lemaire-hebdo-vin-chineStockage du pinard à Moudros dans l’île de Lemnos, en mer Égée

Bien-sûr, ce n’était pas un vin délicat. On ne lui demandait qu’une chose : atteindre les neuf degrés. C’était souvent un assemblage maladroit, trafiqué, de différentes régions. Max Leclerc chantait en 1915 : « Salut, Pinard de l’Intendance,/ Qu’a goût de trop peu ou goût de rien/Sauf les jours où t’aurais tendance / à puer le phénol ou bien le purin/ » Il faut mentionner un autre additif, le fameux bromure qu’on y mettait parfois pour calmer leurs ardeurs sexuelles des soldats.

En 1914, chaque poilu recevait 1/4 de litre de vin par jour ; la dose a été portée à 1/2 litre en janvier 1916 et à 3/4 de litre en janvier 1918. Les officiers leur donnaient aussi de la gnôle au moment des assauts : saoulés ils avaient plus de courage. Et puis il y a ces occasions rares, le 1er janvier et le 14 juillet, où l’armée octroie à ses soldats une bouteille de vin fin, souvent du champagne. Pour beaucoup, c’est la 1ère fois qu’ils en déguste et ce sera le souvenir de toute une vie ; et ils évoqueront cette expérience incroyable dans leurs lettres envoyées à leurs fiancées.

Les Français auraient-ils gagné la guerre sans le pinard des poilus ?
Le maréchal Pétain ne s’y trompait pas et confiait : « Pour se procurer du pinard, le poilu bravait les périls, défiait les obus, narguait les gendarmes. Le ravitaillement en vin prenait une importance presque égale à celle du ravitaillement en munitions. Le vin a été pour le combattant le stimulant bienfaisant des forces morales comme des forces physiques. Ainsi a-t-il largement concouru, à sa manière, à la victoire ».
Après l’Armistice, le Père Pinard est devenu le breuvage national et patriotique ; au lendemain de la victoire en 1919 des députés voulurent même le citer à l’ordre de la nation.

Le Pinard en chansons

Des affiches et cartes postales, des poèmes et chansons vantaient les mérites de ce pinard qui égayait leur sinistre quotidien. Ils entonnaient les chants de Bach (Charles-Joseph Pasquier), célèbre interprète du répertoire troupier : La Madelon ou Vive le pinard : « Le pinard, c’est de la vinasse Ça réchauffe par oùsque ça passe Vas-y Bidasse, remplis mon quart Vive le pinard …» Le poète Théodore Botrel écrit dans Rosalie : « Nous avons soif de vengeance (…) Buvons donc de la gloire à pleins bidons ! ». Max Leclerc déclamait « Salut ! Pinard pur jus de treilles (…) C’est tout le pays qui vit en toi. ». Henri Margot écrivait : « Emplissant nos quarts jusqu’au bord (…)Tu nous as donné la Victoire ». 

1/3 de la production française de vin aurait été bu par les Poilus pendant la guerre et leur aura donné le goût du vin. A l’époque, on considérait le vin comme un aliment, « une boisson hygiénique » disait Pasteur. Le véritable responsable de l’alcoolisme étant l’alcool distillé, industriel, justement le schnaps que prenaient es boches.. A la fin de la guerre, la production et la consommation de vin rouge ordinaire ne baissera pas. Chaque Français buvait alors 150 litres de vin par an, soit 3 fois plus qu’aujourd’hui.
Le pinard entra dans la 8ème édition du Dictionnaire de l’Académie édité en 1935. Actuellement, il qualifie une bibine ou,  plus rarement un grand crus car, si on dit pinard à la redresse, c’est synonyme de vin fin.

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En ces temps difficile, nous pourrions nous soigner avec du vin. Voyez quelques conseils sur cette vidéo magique : https://youtu.be/xwmgGoOv6-o

le Vin, le Rouge, la Chine

Les 170 vignobles français achetés par les Chinois sont décrits : 158 Châteaux de Bordeaux, 10 vignobles en France, 2 Maisons de cognac.
Pourquoi ces vignobles sont-ils en vente ? Pourquoi les Chinois les achètent-ils ?
255 pages et 350 photos de Laurence Lemaire, préfacées par Alain Juppé et Alain Rousset.
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