Charlie Cole, auteur de la célèbre photo de la place Tiananmen, est décédé

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05 10 19 – Charlie Cole est mort début septembre 2019, à 64 ans, à Bali en Indonésie. Lors du sanglant Printemps 1989 en Chine, il avait immortalisé pour Newsweek « l’homme au char », un anonyme faisant face à une colonne de blindés chinoise, le 5 juin 1989 sur la place Tiananmen à Pékin

Charlie Cole, auteur de la célèbre photo de la place Tiananmen, est décédé

Le Printemps 1989 à Pékin

A partir du 15 avril 1989, des milliers d’étudiants et d’intellectuels descendent place Tiananmen pour rendre hommage à Hu Yaobang, réformiste convaincu, évincé du gouvernement deux ans plus tôt, qui vient de mourir. Ils réclament une plus grande liberté et moins de corruption. Pendant plusieurs semaines, c’est le Printemps de Pékin. Le pouvoir qui s’inquiète, car les manifestations s’exportent dans toutes les grandes villes, proclame la loi martiale.
Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, les chars de l’armée chinoise écrasent la révolte. On parle d’environ 200 morts et près de 10 000 blessés. L’événement devient le massacre de Tiananmen.
Des étudiants et intellectuels, descendus dans la rue en faveur de la démocratie, ont été assassinés. Les soldats tirèrent à l’arme automatique, à la mitrailleuse lourde, avec des chars, avec des canons, contre une foule gigantesque.
Charlie Cole a pris sa photo à la fin de la répression par l’armée chinoise, après sept semaines.

Un petit homme anonyme

Fluet, chemise blanche et sac plastique au bout du bras, il se plante au beau milieu de l’immense avenue vide de monde : il met une colonne de chars à l’arrêt. Puis se déplace de quelques pas pour empêcher le char de tête de le contourner. Cette scène stupéfiante d’un quidam chinois faisant face à l’armée, le 5 juin 1989, est devenue le symbole d’une conscience face au totalitarisme, de la lutte d’un peuple manifestant pour les droits humains, sauvagement réprimés.
Personne ne sait qui est cet homme, ni ce qui lui est arrivé par la suite, renforçant ainsi sa légende.
Arthur Tsang Hin Wah, photographe, raconte : « L’homme a escaladé le premier tank et a essayé de parler aux soldats à l’intérieur. Quand il est descendu, quatre ou cinq personnes sont venues et l’ont embarqué, personne ne sait ce qu’il est devenu. »
Plusieurs théories circulent pour savoir ce que le petit homme est devenu ; certains disent qu’il a été exécuté 14 jours après son arrestation, d’autres qu’il vit reclus en Chine, alors que certains pensaient l’avoir identifié comme étant Wang Weilin, un fils d’ouvrier de 19 ans. Mais personne n’a jamais pu confirmer ces informations.

Tank man

Certaines photographies ont marqué le XXème siècle – comme celles de la chute du mur de Berlin. Celle de Charlie Cole a illustré la terrible répression orchestrée par le régime chinois de l’époque. Le photoreporter, américain du Texas, a mené une longue carrière en tant que photographe de presse. Il a reçu le prestigieux World Press de la photo 1990 pour « l’homme au char », le « Tank man ».

L’homme au char

Il s’efforçait de bloquer symboliquement la progression d’une colonne d’au moins dix-sept chars Type 59 de l’Armée populaire de libération.
Posté depuis un hôtel attenant à la place Tiananmen, Charlie Cole pensait que l’homme allait être écrasé. Le courageux anonyme a finalement été tiré par le bras par deux personnes, pour lui éviter un tel sort. « Après avoir pris la photo, je me suis préoccupé de la surveillance de la PSB, le bureau de la sécurité publique, au sujet de nos activités sur le balcon. J’en étais à trois rouleaux de pellicule, avec deux appareils photo » dit Charlie Cole.
Le monde entier fut frappé par la scène de ce char tentant vainement de contourner l’inconnu. L’image de l’incident est couramment utilisée pour symboliser le courage et la force de la non-violence face à la répression armée.
L’instant a été photographié et filmé par plusieurs autres journalistes – Jeff Widener,  Stuart Franklin et Arthur Tsang Hin Wah. La photo prise par le journaliste de l’agence Associated Press (AP) Jeff Widener, depuis le balcon d’un hôtel, a été nommée pour un prix Pulitzer : « J’étais mort de peur presque tous les jours pendant la répression militaire. Je ne peux pas expliquer ce que c’est que d’aller quelque part contre votre volonté, alors que la seule chose que vous voulez faire c’est de courir et de vous cacher ».
Stuart Francklin raconte comment sa photo a pu être transmise à temps : « La pellicule a été sortie clandestinement, cachée dans le paquet de thé, grâce à  un étudiant français qui l’a ensuite livrée au bureau Magnum à Paris ».

le Vin, le Rouge, la Chine

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Cette oeuvre de Bansky fait référence à la guerre du Golf. L’homme montre le chemin aux chars comme s’ils s’étaient trompés de route en allant à Tiananmen

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