Le vin à base de cannabis

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01 02 21 – Dans les pays qui ont adopté une législation positive sur la consommation de cannabis à usage thérapeutique et/ou récréative, la consommation d’alcool semble reculer. Des industriels s’intéressent à un marché en construction : celui des boissons à base de cannabis. Techniquement, serait-ce encore un marché immature ? Pas pour Bordeaux

Le cannabis dans le vin

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Les producteurs de cannabis veulent faire reconnaître leur savoir-faire et leurs terroirs

« Il y a un vrai parallèle entre la production de cannabis et la production de vin, estime Aurélien Bernard, fondateur de Newsweed, 1er média français sur l’actualité légale et mondiale du cannabis. Dans le discours de producteurs historiques et chez les amateurs avertis, les notions de terroirs, de savoir-faire, d’effet millésime, de variétés et de mode de production font leur apparition. Ce sont des paramètres qui impactent la qualité de la fleur et donc des produits dérivés qui sont achetés par les clients consommateurs. La logique est la même avec le raisin et le vin. Comme certains vignerons et vins sont reconnus, il y a un phénomène identique avec des cultivateurs et certains de leurs produits. Une notoriété se construit et ceux qui en bénéficient veulent la protéger. » On voit donc apparaître des textes de loi contraignants, comme en Californie : son gouverneur a fait passer une loi qui élargit les interdictions concernant l’usage impropre de noms de comté pour des produits à base de cannabis, afin d’inclure une protection des appellations basée sur des régions géographiques spécifiques. « Très concrètement, une marque de cannabis ne peut pas utiliser le nom de Humboldt*, un comté réputé pour sa culture de cannabis en extérieur, si son produit n’a pas effectivement poussé à Humboldt* et s’il n’est pas exclusivement composé de cannabis issu de là-bas », détaille Aurélien Bernard. Mais bientôt, pour aller plus loin dans la protection, exactement comme pour le vin de Californie, des aires d’appellations verront le jour.
* Alexander von Humboldt était un naturaliste, géographe et explorateur allemand, né le 14 septembre 1769 à Berlin et mort le 6 mai 1859 dans cette même ville. Il était membre associé de l’Académie des sciences française et président de la Société de géographie de Paris. Par la qualité des relevés topographiques et des prélèvements de faune et de flore effectués lors de ses expéditions, il a fondé les bases des explorations scientifiques. Le comté de Humboldt est un comté de l’État de Californie, son siège est Eureka. Les graines de cannabis Humboldt Seeds se vendent sur leur site.
Un système de QR Code d’authentification émerge depuis quelque temps en Californie et les cultivateurs californiens peuvent apposer sur leurs produits, vendus dans les dispensaires, des timbres certifiant l’origine.

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Le cannabis dans le vin

Dans les pays qui ont adopté une législation positive sur la consommation de cannabis à usage thérapeutique et/ou récréative, la consommation d’alcool semble reculer. Des industriels s’intéressent à un marché en construction : celui des boissons à base de cannabis.
En France, en 2017, ce marché a été évalué à 1,2 milliard d’euros. Dans le monde, il pourrait atteindre les 150 milliards de dollars. La vente de cannabis est un marché lucratif, qui se fait certainement à 95 % sur le marché noir.
Encore balbutiant, le cannabusiness légal se développe à mesure que les pays légalisent le cannabis à usage récréatif et/ou thérapeutique. « Il y a un changement de considération et un vent de légalisation portés par l’aspect médical, dit Matthieu Brun, chercheur associé à Sciences Po Bordeaux et responsable des études du Club Demeter – ce club, créé en 1987, est un écosystème du secteur agricole et agro-alimentaire tourné vers les réflexions de long-terme, les enjeux mondiaux et les dynamiques intersectorielles. Le marché légal est porteur à long terme. Et si l’industrie agro-alimentaire s’intéresse à ce secteur, en particulier les entreprises du tabac et de la boisson comme Heineken ou Coca-Cola, c’est parce qu’il y a des parts de marché à prendre. Par ailleurs, dans les pays qui ont légalisé le cannabis récréatif, on mesure une baisse de la consommation d’alcool. Si on prend un produit comme une bière et une boisson à base de cannabis, on a les mêmes effets, mais sans alcool. » Le cannabis serait-il un concurrent sérieux aux boissons alcoolisées et donc au vin ?

Cannabis légalisé et consommation d’alcool réduite

Des études scientifiques abondent dans ce sens. L’une d’entre elles, menée par des universitaires américains, montre que dans les comtés du pays où le cannabis thérapeutique est légalisé, la consommation d’alcool a baissé en moyenne de 15 %. La tendance observée aux États-Unis serait identique au Canada, pays qui a légalisé le cannabis pour un usage récréatif et thérapeutique fin 2018. « Beer Canada, l’association de l’industrie de la bière au Canada, rapporte que les ventes globales de bière ont diminué de 3 % au cours de la première année complète de légalisation du cannabis », écrit Newsweed.
En Californie, il est possible de trouver les boissons de la gamme Hi-Fi Hops d’Heineken. La promesse du produit ? Zéro alcool, zéro calorie, zéro glucide mais du houblon et du THC /CBD.
* Le THC ou tétrahydrocannabinol est la principale molécule active du cannabis : sa teneur varie entre 4 et 9 % environ dans les herbes et de 8 à 30 % dans la résine. Le CBD ou cannabidiol présent dans le plant de chanvre n’est pas nocif pour la santé ; cette molécule a des effets thérapeutiques avérés sans effet psychotrope, mais seule, elle n’est pas soluble dans l’eau.
« Toutes les études ne s’accordent pas sur l’effet de la légalisation du cannabis médical sur la consommation d’alcool, mais la présomption d’une diminution est forte, dit Aurélien Bernard de Newsweed. Il est difficile de conclure et de généraliser sur le fait que le cannabis serait un substitut à l’alcool. En revanche, il est clair que les alcooliers voient dans le cannabis un relais de consommation. Dans la plupart des pays, la consommation d’alcool est en baisse. Pour ces entreprises qui ont déjà un réseau de distribution bien construit, le cannabis et les boissons que l’on peut faire à base de cannabis représentent une diversification assez simple à mettre en œuvre. »

Le cannabis 2.0

En plus des fleurs et de la résine, les produits historiques à base de chanvre, on voit donc se développer des produits dérivés nouveaux sous l’appellation cannabis 2.0. Sur le créneau alimentaire, le space cake est rejoint par des pizzas, des steaks et surtout des boissons enrichies en THC ou en CBD. Les boissons à base de THC présentent des problèmes techniques sur le goût, la texture, la concentration et donc sur les effets, mais aussi sur la vitesse à laquelle ces derniers se font ressentir. Pour concurrencer l’alcool, il faut que les effets du THC sur l’organisme se manifestent aussi vite que ceux de l’éthanol. Techniquement, c’est un marché immature. L’arrivée d’acteurs de poids comme Constellation Brands – la bière Corona ou Heineken peut changer la donne.

Selon un récent article de StrainInsider, un site d’information anglophone sur le cannabis, il n’y a pas que la technique qui pose un problème, le positionnement marketing des boissons au cannabis a aussi du mal à être identifié : « De nombreuses marques de l’industrie sont toujours incapables d’exprimer exactement ce qu’est une boisson au cannabis. Mais avant Red Bull, il n’y avait rien de tel. Les boissons à base de cannabis répondront à un nouveau besoin ».

A Bordeaux, une gamme de vin rouge aromatisé au cannabidiol – le CBD 

Lancée ce 1er février 2021 sur la plateforme KissKissBankBank, la cuvée Burdi W ou Burdigala Weed a dépassé en un jour son 1er palier de 3 500 € et vendu son 1er tirage de 500 bouteilles de cette nouvelle Boisson Aromatisée à Base de Vins, BABV. « Cette cuvée de petit-verdot est un vin au cannabis. Et l’étiquette précise bien qu’il s’agit d’un BABV », indique Raphaël de Pablo, exploitant de chanvre en Gironde, qui lance Burdi W avec un autre entrepreneur : depuis un an leur Ferme médicale produit de cannabis légal, soit sans THC. Raphaël De Pablo et Pierre Morel tentent de multiplier par 7 la surface cultivée pour arriver à 10 hectares, toujours dans le Sud-Gironde et toujours en culture bio. « Entre le monde du vin qui est très fermé et celui du cannabis qui a une mauvaise image… dit-il, certains peuvent dire que l’on donne une mauvaise image aux vins de Bordeaux, mais on ne peut pas dire que c’est de notre faute si les vins de Bordeaux ne se vendent pas… Nous arrivons au contraire au bon moment pour dynamiser leur image. » Il poursuit : « C’est une bouteille à partager, du jamais vu pour ceux qui n’ont jamais goûté de CBD.  On obtient des notes très fruitées, avec une pointe de cassis et surtout on ressent vraiment cet effet relaxant à la dégustation et une odeur qui sont peu communs dans leur complexité ». Il y a 250 mg de CBD par bouteille. L’entrepreneur indique que l’idée de cette cuvée est née à la lecture d’un article de Science et Avenir sur la consommation de vin au cannabis par des tribus gauloises : « Si on l’a fait avant, pourquoi ne pas le faire maintenant ? Il y a un énorme marché ». Pour le moment, la pré-commercialisation fait état d’une centaine de commandes avec un tarif affiché à 34,90 € la bouteille.
D’autres vins de ce type existent déjà dans le monde, que ce soit en Espagne ou aux Etats-Unis. Sources © Vitisphère et 20 minutes

vin-cannabis-bordeaux-raphael-de-pablo-lemaire-hebdo-chineRaphaël De Pablo © J.-M. L. B.

le Vin, le Rouge, la Chine

Les 170 vignobles français achetés par les Chinois sont décrits dans mon livre : 158 Châteaux de Bordeaux, 10 vignobles en France, 2 Maisons de cognac.
Pourquoi ces vignobles sont-ils en vente ? Pourquoi les Chinois les achètent-ils ?
230 pages et 350 photos de Laurence Lemaire, préfacées par Alain Juppé et Alain Rousset.
Version numérique en PDF – 8€ – mise à jour au quotidien, et sa version papier – 20€ – en librairie mise à jour tous les 6 mois depuis 7 ans, sont en vente sur le site www.levinlerougelachine.com

Couverture livre 14 nouvelle edition

1 Comment

  1. Quel est le plus long nom de la langue française ? Et bien non, ce n’est pas « anticonstitutionnellement » (25 lettres) mais « Tétrahydrocannabinophobique », (27 lettres) qui signifie : « état dû à l’usage de Tétrahydrocannabinol » 😉

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