A Wuhan en Chine, 10 experts de l’OMS enquêtent sur l’origine de la Covid 19

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15 01 21 et 05 02 21 – A Wuhan en Chine, 10 experts de l’OMS enquêtent sur l’origine du virus. Les doutes demeurent quant à la capacité d’action efficace et concrète pour cette délégation où aucun Français n’est présent.
Sources © Marianne et France 5 C’est à vous et C’est politique

10 experts de l’OMS enquêtent sur l’origine du coronavirus.
Et sur les mensonges ?

Les experts de l’OMS

Alors que le régime chinois a longtemps repoussé le principe d’une enquête internationale sur son sol, 10 enquêteurs de l’Organisation Mondiale de la Santé – l’OMS, sont finalement présents en Chine depuis le 14 janvier 2021, un an après le recensement du 1er mort de la Covid 19. 
Les experts, qui viennent d’Allemagne, d’Australie, du Danemark, des États-Unis, du Japon, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, du Qatar, de Russie et du Vietnam, concentrent leurs recherches à Wuhan dans la région du Hubei. Il n’y a pas de Français parmi eux, alors que la France a initié une large coopération scientifique avec le laboratoire de virologie P4 de Wuhan, dénoncé pour ses pratiques obscures par Donald Trump… sans preuves à l’appui.

Examiner les résultats de leurs homologues chinois

Pour le gouvernement chinois, soucieux de fuir toute responsabilité, et peu habitué à ce que l’on vienne fouiller dans ses affaires, la mission de l’Organisation Mondiale de la Santé est très sensible. Zhao Lijian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères a d’ailleurs prévenu : « L’OMS devra mener des enquêtes similaires dans d’autres pays et régions. » En clair, Pékin ne veut pas endosser seul l’apparition de ce virus, l’objectif étant de garder un discours triomphaliste. Selon des documents confidentiels obtenus par le New York Times, les experts de l’OMS seraient seulement autorisés à examiner les résultats de leurs homologues chinois, mais pas à entamer leurs propres investigations. Sur place, une grande part du travail des experts consiste donc à déterminer ce qui a permis au virus de passer de l’animal à l’homme. « Nous ne connaissons pas le réservoir de cette épidémie, si c’est le pangolin ou bien un autre animal. Mais il faut agir dessus pour pouvoir tarir la source, explique Philippe Douste Blazy, ancien ministre de la Santé et des Affaires étrangères sous Jacques Chirac, et ancien candidat à la présidence de l’OMS. La question aujourd’hui est de savoir si les experts et les observateurs onusiens auront la possibilité de remonter jusqu’à cette source, ajoute-t-il. Ce qui est sûr pour l’instant, c’est que ce n’est pas une création humaine mais peut-être une transmission de l’animal à l’homme, ou bien une erreur de manipulation au sein d’un laboratoire. »
François Heisbourg, conseiller spécial du président de la Fondation pour la Recherche Stratégique – FRS, doute profondément d’une liberté de recherches : « La Chine, dans cette affaire, agit comme si elle avait un immense secret d’État à préserver, ce qui tendrait à penser qu’elle cache des informations. Depuis un an, les Chinois tiennent le même discours : toute instance étrangère qui réclame une enquête approfondie sur la pandémie recevra les foudres de Pékin ». C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à l’Australie : dès les premières critiques, ce pays et Scott Morrison son Premier ministre ont subi des mesures de rétorsions sur ses exportations, paralysant certains pans entiers de son économie.  « Cette fois, la pression de l’assemblée générale de l’OMS a été plus forte mais Pékin a fait en sorte de retarder au maximum le processus… Il y aura largement eu le temps de faire le ménage d’ici l’arrivée des enquêteurs. »
Du côté de l’équipe de l’OMS, on se veut confiant. « Il ne s’agit vraiment pas de trouver un pays coupable mais d’essayer de comprendre ce qui s’est passé et de voir ensuite si, sur la base de ces données, nous pouvons essayer de réduire le risque à l’avenir », a déclaré Fabian Leendertz de l’Institut allemand Robert Koch, l’un des dix experts missionné par l’OMS à Wuhan.

l’OMS, une enquête indépendante et des conclusions

Peut-on vraiment espérer de l’OMS une enquête indépendante, quand on connaît le poids de la Chine dans cette Organisation, son premier contributeur financier depuis le retrait des Etats-Unis ? François Heisbourg suppose que « les experts feront un rapport tout à fait remarquable sur ce qu’on aura bien voulu leur montrer, et on ne leur montrera pas grand-chose. Toute question inconvenante sera traitée par des faux-fuyants comme à l’habitude. Mais une question se pose d’ores et déjà : si l’origine du virus est bien chinoise et qu’elle ne concerne que les animaux, pourquoi alors freiner une telle enquête ? Il doit y avoir une autre explication que nous n’avons pas. »
Philippe Douste-Blazy résume : « l’enjeu pour l’organisation est d’abord d’être indépendante dans les études qu’elle va mener. D’un côté, ne pas devoir reprendre des études déjà existantes faites par la Chine, et de l’autre, s’assurer que les observateurs onusiens soient eux aussi le plus objectif possible. »
La thèse de la fuite du laboratoire P4 de Wuhan, visité le 3 par les experts de l’OMS, serait écartée ce 5 février 2021.
Ils se tournent donc vers le marché. Mais comment remonter des pistes un an après le début présumé de l’épidémie, un an après la fermeture de son lieu d’origine probable, le marché Huanan ?

Marie Holzman, sinologue, dit l’évidence

Sur C’est à vous de France 5 le 14 janvier 2021, Marie Holzman, sinologue et présidente de l’association Solidarité Chine, a dit une évidence : les experts n’apprendront que ce que Xi Jinping laissera savoir. Extraits : « La chine tient à cacher ses secrets, c’est une vieille habitude. (…) Ça paraît évident que c’est un faux bilan, on a quand même vu les vidéos en janvier et en février 2020 (…) Je pense que si on les a accepté (les experts de l’OMS ) c’est qu’on a effacé toutes les traces ; le fameux marché a été passé à l’eau de javel 95 fois, on sait que certains documents ont disparu (…) Le coronavirus était étudié dans le laboratoire P2 à 300 mètres de ce marché ; s’il y a eu une fuite, elle vient probablement de celui-là (…) Xi Jinping est le second Mao ; il y avait une petite ouverture dans les années 2000 à 2012 mais c’est fini, Xi Jinping verrouille tout, il ne laisse entrer personne, il ne laisse sortir personne, les journalistes sont condamnés… ou disparaissent. La vérité gène beaucoup le pouvoir chinois, toujours. (…) Le secret le plus terrible, qui serait le plus terrible, c’est est-ce qu’il y a eu manipulation du ce virus ? Ça c’est une grande question, mais on ne le saura probablement jamais. (…) Les Chinois sont passés maître dans l’art de la propagande ; ils savent détourner l’attention en disant : nous avons été les meilleurs pour juguler cette épidémie, nous sommes les meilleurs pour fabriquer les masques, nous serons les meilleurs pour fabriquer le vaccin etc etc… Ça marche, et puis c’est vrai : il n’y a que en Chine qu’on peut détecter 9 cas et mettre 22 millions de gens d’une région en couvre-feu absolu ; on ne peut pas faire ça chez nous. »
Voir l’interview sur https://www.france.tv/france-5/c-a-vous/c-a-vous-saison-12/2185851-invites-boris-vallaud-herve-morin-raphaelle-bacque-et-marie-holzman.html à 41’

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Dès le 30 décembre 2019

Dès le 30 décembre 2019, l’ophtalmologue Li Wenliang – voir le dessin plus bas, avait alerté ses collègues médecins sur un virus dont plusieurs patients de son hôpital de Wuhan étaient atteints ; mais le 3 janvier 2020, le bureau de la sécurité publique de Wuhan le mettait en garde : « Votre action va au-delà de la loi. Vous envoyez des messages mensongers sur internet. Nous espérons que vous allez vous calmer, réfléchir et nous vous mettons sévèrement en garde. Vous comprenez ? » Le 8 janvier 2020, Li Wenliang contractait le coronavirus en soignant un patient infecté. Le 4 février, la cour suprême a dû reconnaître que « cela aurait été une chance si le public avait cru aux rumeurs à ce moment-là, et avait commencé à porter des masques, à prendre des mesures d’hygiène et à éviter le marché des animaux sauvages ». Li Wenliang est mort à 34 ans le 7 février 2020, il y a un an. Lire mon article sur le Covid et la Chine avec Li Wenliang et le docteur Ai Fen https://www.hebdovinchine.com/covid-19-la-chine-celebre-sa-victoire/

Les médias aujourd’hui démontrent que la Chine a tardé, les trois premières semaines, à déclarer l’épidémie, qu’elle a menti au monde, que l’OMS est complice – cette enquête est bien tardive, un an après un savant nettoyage par les Autorités chinoises. Wuhan aurait-elle caché le début de l’épidémie pour permettre les élections de janvier ? Car en janvier 2020, la Chine nommait ses députés locaux puis les députés provinciaux; le 18 janvier 2020, la municipalité de Wuhan a organisé un grand banquet où 40 000 familles étaient invitées, chacune piochant au hasard des plats avec ses baguettes. Les intérêts du Parti ‘’proche de sa population’’ priment.
Voir le reportage à 36’51’’ de C’est politique sur France 5 le 31 janvier 2021 https://www.france.tv/france-5/c-politique/c-politique-saison-12/2218807-invites-daniel-cohen-arnauld-miguet-et-philippe-vieira.html

Pierre Haski : «  Le but de la Chine c’est d’écrire une histoire de cette pandémie qui la dégage à la fois de toute responsabilité et qui au contraire lui donne le beau rôle. »

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Le laboratoire P4 de virologie de Wuhan

En visite en Chine du 21 au 23 février 2017, à l’invitation de son homologue Li Keqiang, Bernard Cazeneuve – Premier ministre du 6 décembre 2016 au 15 mai 2017, était à l’Université de Pékin pour parler avec la jeunesse chinoise d’une France attractive. Puis il s’est déplacé à Wuhan où il a visité le laboratoire P4 de virologie, alors exemple emblématique de la qualité de la relation franco-chinoise en matière de recherche scientifique et de santé. Je rappelle que Wuhan est jumelée à Bordeaux et sa région à la Nouvelle -Aquitaine.
Lire : le 21 février 2017, discours à l’Université de Pékin du Premier ministre français Bernard Cazeneuve http://hebdovinchine.com/pekin-cazeneuve-france-chine

Un laboratoire P4 manipule des agents pathogènes de niveau 4, le plus haut niveau de sécurité biologique et le plus dangereux, qui ont un taux de mortalité élevé et aucun traitement connu, comme les virus Ebola et le SRAS. Un tel laboratoire doit respecter les normes de sécurité microbiologique les plus élevées. Depuis un an, les virologistes et les experts médicaux du monde entier discutent de la nature suspecte du coronavirus et indiquent le laboratoire P4 de Wuhan comme une source probable. Voulu et construit avec l’aide de la France, ce très sensible laboratoire de virologie est l’objet de spéculations.

La coopération franco-chinoise pour le P4 de Wuhan

Dans les années 2000, la coopération franco-chinoise se poursuit dans le domaine médical. En 2003, le SRAS, le syndrome respiratoire aigu sévère frappe la Chine : le pays a besoin d’aide. Le président Jiang Zemin, dont le mandat s’achève, est un ami du Docteur Chen Zhu ; ce Shanghaïen francophile a été formé à l’hôpital Saint-Louis dans les services d’un proche de Jacques Chirac, le professeur Degos. Hu Jintao succède à Jiang Zemin et en octobre 2004, Jacques Chirac scelle une alliance avec lui. Les deux pays s’associent pour lutter contre les maladies infectieuses émergentes. Ce partenariat semble d’autant plus nécessaire qu’un autre virus, celui de la grippe aviaire, le H5N1, vient frapper la Chine. De là va naître l’idée de construire à Wuhan, en collaboration avec la France, un laboratoire de type P4 de très haute sécurité biologique pour l’étude de virus pathogènes inconnus pour lesquels on n’a pas de vaccin. Il existe une trentaine de ces structures dans le monde, dont certaines sont labellisées par l’Organisation Mondiale de la Santé. En 2008, un comité de pilotage est créé et sera dirigé par le Lyonnais Alain Mérieux et le docteur Chen Zhu. En 2010, l’administration Sarkozy annonce à l’OMS que les travaux du laboratoire vont commencer.
Mais ce seront des entreprises chinoises qui assureront l’essentiel de la construction, ce qui n’est pas toujours du goût des Français. La collaboration entre le cabinet d’architecte lyonnais RTV et la société chinoise IPPR Engineering International n’est pas aisée. Technip, qui devait certifier le bâtiment, se retire brutalement ne souhaitant pas prendre le moindre risque juridique. Les travaux débutent finalement en 2011.
Le 31 janvier 2015, le chantier se termine enfin. Alain Mérieux quitte alors la coprésidence de la Commission mixte qui supervisait le projet ; il expliquait à Radio France : « J’abandonne la coprésidence du P4 qui est un outil très chinois. Il leur appartient, même s’il a été développé avec l’assistance technique de la France. Mais il ne s’agit pas pour autant de couper tous liens entre le P4 de Lyon et le P4 de Wuhan, précise-t-il, nous voulons établir une coopération étroite. En Chine, il y a beaucoup d’animaux, l’aviculture, les problèmes de cochons, qui eux-mêmes sont des transporteurs de virus. Il est impensable que la Chine n’ait pas un laboratoire de haute sécurité pour isoler des germes nouveaux dont beaucoup sont d’étiologie inconnue ».
Au printemps 2016, alors que le bâtiment est achevé depuis un an, l’utilisation d’eau de javel dans les douches de décontamination par des personnels de l’Institut de virologie obligera à réparer les matériaux en inox atteints par la corrosion.  
Le 23 février 2017, l’ex Premier ministre Bernard Cazeneuve et la ministre de la Santé Marisol Touraine annoncent que 50 chercheurs français viendront en résidence au P4 de Wuhan ; mais cette coopération n’aura jamais lieu. « La France va affecter cinq millions d’euros sur cinq ans à des projets de coopération franco-chinois sur le P4. Des chercheurs français doivent également venir en résidence », annonçait-il.  Alain Mérieux le confirme à Radio France : « On peut dire sans dévoiler un secret d’Etat que depuis 2016 il n’y a pas eu de réunion du Comité franco-chinois sur les maladies infectieuses. Contrairement aux promesses initiales, les Chinois travaillent donc sans regard extérieur de chercheurs français ».
Quoi qu’il en soit, l’exploitation du laboratoire a débuté en janvier 2018. Elle coïncidait avec la 1ère visite d’Etat d’Emmanuel Macron en Chine. Les quelques chercheurs chinois de l’Institut mènent des recherches sur des animaux en lien avec 3 maladies, Ebola, la fièvre hémorragique Congo Crimée, et le NIPAH un virus véhiculé par les porcs et les chauves-souris. Au P4, Shi Zhengli a identifié le nouveau coronavirus à partir d’échantillons prélevés sur 5 malades des hôpitaux municipaux de Wuhan. En janvier 2020, il travaillait sur un singe cobaye infecté dans le but d’obtenir un sérum. Les Chinois sont de bons candidats pour produire un vaccin : ils ont des étudiants dans le monde entier et 40 chercheurs sur un sujet quand la France en a 2. Leur puissance de feu est redoutable.

laboratoire-P4-Wuhan-lemaire-hebdo-vin-chineLe laboratoire P4 de Wuhan le 17 avril 2020 © Hector Retamal / AFP  un bunker de plus de 3000 m2 répartis sur 4 niveaux posés sur une dalle antisismique

Wuhan-chine-2021-lemaire-hebdo-vinWuhan déconfinée début janvier 2021

La Chine renforce ses mesures à l’approche du Nouvel An Chinois. Cette année, le jour férié tombe le 12 février et ouvre l’année du Buffle de métal. Les festivités durent 15 jours en général. La vague de nouveaux cas suscite de vives inquiétudes chez les responsables chinois, à l’approche de la ruée habituelle vers le festival du printemps.

le Vin, le Rouge, la Chine

Les 170 vignobles français achetés par les Chinois sont décrits dans mon livre : 158 Châteaux de Bordeaux, 10 vignobles en France, 2 Maisons de cognac.
Pourquoi ces vignobles sont-ils en vente ? Pourquoi les Chinois les achètent-ils ?
230 pages et 350 photos de Laurence Lemaire, préfacées par Alain Juppé et Alain Rousset.
Version numérique en PDF – 8€ – mise à jour au quotidien, et sa version papier – 20€ – en librairie mise à jour tous les 6 mois depuis 7 ans, sont en vente sur le site www.levinlerougelachine.com

Couverture livre 14 nouvelle edition

1 Comment

  1. jefrre33@gmail.com dit :

    Ah! Sacré Douste-Blazy. Qu’en sait il si ce n’est pas une création humaine? qu’est ce qui lui permet de dire cela.

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