Vin : la Chine inflige de lourdes taxes à l’Australie accusée de dumping

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28 08 20 – Le 18 août 2020, le ministre chinois du commerce annonçait une procédure anti-dumping sur le vin australien. Cette annonce fait suite à une montée de tensions entre les deux pays ces derniers mois. La Chine et l’Australie s’engagent dans un bras de fer sur le vin, qui pourrait déboucher sur de lourdes taxes. L’Australie est pourtant le principal exportateur de vin vers la Chine, devant la France

Vin : la Chine inflige de lourdes taxes à l’Australie accusée de dumping

L’accord de libre-échange

L’accord de libre-échange entre l’Australie et la Chine a été signé le 17 juin 2015 ; il inclut la suppression de 85 % des droits de douane sur des denrées comme le lait, la viande bovine, le bétail, les fruits et légumes, les minerais, le vin, l’électronique.
La Chine est depuis, en valeur, le 1er marché à l’export des vins australiens.

L’Australie est le principal exportateur de vin vers la Chine : chiffres du 1er semestre 2020 en volume, devant la France et le Chili.
Visant les crus australiens importés sur l’ensemble de l’année 2019 en Chine, les investigations ont été annoncées par le ministère du Commerce chinois ; il agit à la demande de l’Association chinoise des boissons alcoolisées.
« Nous respectons le droit de toute nation à défendre ses producteurs nationaux contre les pratiques commerciales déloyales et non concurrentielles, expliquait David Littleproud, ministre australien de l’Agriculture. Mais nous rejetons toute allégation selon laquelle le vin australien aurait fait l’objet de dumping. »

Les tensions entre les deux pays

Le dumping, dont Pékin accuse Canberra, est une pratique qui consiste à vendre à l’étranger à des prix inférieurs à ceux pratiqués sur le marché national.
Les relations bilatérales ont commencé à se détériorer en 2018 lorsque l’Australie a exclu le géant chinois des télécoms Huawei de la construction de son réseau 5G, au nom de la sécurité nationale.
Les relations entre les deux pays sont encore tendues depuis que l’Australie a appelé, en avril 2020, à une enquête internationale sur les origines de l’épidémie de la Covid-19. Canberra et Washington accusaient les autorités de ne pas avoir réagi de manière adéquate. Une position que Pékin dénonce comme une manœuvre politique.
Les exportations de bœuf et d’orge faisant déjà l’objet de sanctions commerciales.
Dès fin avril 2020, l’ambassadeur de Chine en Australie Cheng Jingy avait averti que la position australienne pourrait entraîner un boycott de la part des consommateurs chinois. « Peut-être que les gens diront ‘’Pourquoi boire du vin australien ? Manger du bœuf australien ?’’ » avait déclaré le diplomate. La Chine avait suspendu quelques semaines plus tard les importations de bœuf de quatre gros fournisseurs australiens, puis elle avait imposé des droits de douane de 80,5%.
En juin 2020, la Chine a invité les touristes et étudiants chinois à éviter l’Australie, justifiant cette recommandation par des incidents à caractère raciste contre des personnes d’origine chinoise ; un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, a assuré qu’il s’agissait d’une procédure « normale ».

L’enquête anti-dumping doit s’achever avant le 18 août 2021.

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L’inquiétude gagne le secteur du vin en Australie, et pourtant

Treasury Wine Estates, l’une des principales entreprises productrices du pays, a vu son action plonger de 14%. Pourtant : « TWE a une longue et respectueuses relations avec la Chine depuis de nombreuses années à travers ses équipes, ses partenaires, ses clients et ses consommateurs, dit l’entreprise ; comme importateur de vin premium australien, notamment avec la marque Penfolds, TWE continuera de considérer le marché chinois comme une priorité et poursuivra ses investissements dans le commerce et ses relations avec la clientèle et les consommateurs ».

Une opportunité pour le vin du Chili

Comme les vins australiens, géorgiens et néo-zélandais, les vins chiliens ont des droits de douane réduits vers le marché chinois. Le marché chinois est devenu, en 2018, la 1ère destination des vins du Chili, dont le prix moyen augmente de manière notable. Bénéficiant d’accords de libre-échange, le Nouveau monde monte sur l’entrée de gamme.
Ainsi, certains importateurs vont se rabattre sur des vins chiliens ou sud-africains en prévision des futures taxes visant les crus australiens.
Selon Alberto Fernandez, de l’entreprise d’importation Torres China : « les vins australiens vont probablement souffrir d’une baisse de ses ventes d’entrée de gamme, et le vin chilien devrait en profiter (…) Nous devons observer comment les consommateurs chinois vont réagir à la hausse des prix sur les vins premium en provenance du Sud de l’Australie. La demande pourrait faiblement varier si la hausse des prix est modérée ». Alberto Fernandez remarque que « les vins européens payent 14 % de taxe, alors que les vins australiens n’en avaient pas. La différence entre les taxes imposées aux vins européens et ceux australiens ne devrait pas être très importante au final, par ailleurs le Shiraz australien est toujours un vin aux caractéristiques uniques ».
Source © Vitisphère

Lire mes articles sur les vins australiens en Chine :  https://www.hebdovinchine.com/australie-chine-vin-france-marketing/

et sur les taxes : https://www.hebdovinchine.com/chine-vin-exportations-taxes/

Adelaïde en Australie fait partie du réseau Great wine capitals : https://www.hebdovinchine.com/great-wine-capitals-cape-town-winelands-afrique-sud/

En parallèle

Le gouvernement américain réitère et signe le 12 août dernier sa décision de maintenir les droits de douane additionnels sur certains produits européens : les taux de surtaxe restent fixés à 15% pour le secteur aéronautique et à 25% pour les autres produits dont le vin. Alors que les vins venus de France, d’Allemagne, d’Espagne et du Royaume-Uni restent dans le collimateur des Etats-Unis, l’Italie se voit de nouveau épargnée.

le Vin, le Rouge, la Chine

Les 170 vignobles français achetés par les Chinois sont décrits : 158 Châteaux de Bordeaux, 10 vignobles en France, 2 Maisons de cognac.
Pourquoi ces vignobles sont-ils en vente ? Pourquoi les Chinois les achètent-ils ?
255 pages et 350 photos de Laurence Lemaire, préfacées par Alain Juppé et Alain Rousset.
Depuis 6 ans : version numérique en PDF mise à jour au quotidien – 8€, et la version papier en librairie mise à jour tous les 6 mois, en vente sur ce blog et sur le site www.levinlerougelachine.com

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